Cahier pratique de bioacoustique en ornithologie

La bioacoustique en ornithologie connaît un développement important depuis quelques années. A l’origine de cette explosion de données disponibles sur Xeno-Canto, la diffusion d’articles techniques permettant de concevoir à prix réduit ses propres paraboles et pièges à sons. En effet, il est possible de fabriquer son propre équipement acoustique à partir de pièces détachées et de récupération. Ces guides en ligne permettent ainsi de diviser par dix le prix d’achat ! La diffusion de ces informations techniques sur les groupes de discussion en ligne a donc largement contribué à démocratiser la bioacoustique.

Pour ma part, la découverte sur le terrain d’ornithologues utilisant des paraboles bioacoustiques m’a d’abord convaincu de l’utilité de cette approche. Je m’y suis alors progressivement initié, en commençant par la fabrication de ma propre parabole. J’ai ensuite réalisé quelques tests sur le terrain. Une session de calibration m’a ainsi permis d’enregistrer la Fauvette mélanocéphale, occasionnel rare en Auvergne !

Aujourd’hui, je progresse encore à mon rythme dans ce domaine. Je vous propose cependant de consulter sur ce cahier pratique une série de ressources utiles pour vous lancer à votre tour. Cet article sera désormais enrichi au fil de mes progrès techniques.

Enregistrement sonore des oiseaux forestiers en Chaîne des Puys. Différence enregistrement traité (logiciel Audacity) par rapport à 0.45′ (fichier son brut) – Avril 2022

Choix et réglage de l’enregistreur H4N Pro

J’ai opté pour ce modèle professionnel qui dispose d’un bon rapport qualité/prix. Voici également quelques unes de ses caractéristiques techniques : Fréquence d’échantillonnage : 44,1/48/96 kHz. Gain d’entrée : -16 dB à +43 dB (entrée asymétrique) -30 dB à +32 dB. Microphones électrostatiques unidirectionnels Sensibilité : -45 dB/1 Pa at 1 kHz Gain d’entrée : -16 dB à +51 dB Pression acoustique maximale en entrée : 140 dB SPL.

Son poids est également pratique : 294 g seulement. L’alimentation se fait cependant par piles AA et se présente assez gourmande en mode Stéréo. Notez ainsi environ 5 heures d’autonomie avec des piles alcalines. Mais vous pouvez monter à 7,5 heures avec des batteries NiMH. Un mode Stamina permet alors de prolonger significativement l’autonomie de l’enregistreur.

Après quelques essais terrain, j’utilise désormais les réglages suivants :

  • Mode Stamina : permet d’économiser de l’énergie lors de l’alimentation à piles.
  • Activer le filtre passe-haut (équivalent du filtrage coupe-bas) à la p.66 du manuel.
  • Format d’enregistrement : .wav (PCM) et réglage 48 kHz / 24 bits (p. 49).
  • Ne pas régler la sensibilité du microphone au maximum !
  • Enregistrement en mode stéréo.
  • Connecter le microphone externe avant de mettre sous tension. Pas besoin d’option microphone externe, il est reconnu automatiquement.
  • Option de « pre-recording » (pré-enregistrement) dans Menu > REC > PreREC (p. 65).
  • File MP3 Encode : permet de convertir les fichiers .wav en fichiers .mp3 (p. 111).

Fabrication de la parabole bioacoustique

Ma première parabole bioacoustique est un modèle assez petit, qui utilise d’ailleurs un jouet d’enfant pour base. Elle est cependant dotée de microphone stéréo EM272 Omni module (coût : 71,69 €) commandés chez FEL Communications Ltd. Le microphone mono du jouet initial n’apporte en effet aucun intérêt et il est très facile de le retirer.

Kit de micros-capsules stéréos omnidirectionnels EM272 chez MicBooster

Mon idée initiale consiste à transformer un jouet d’espionage pour enfants qui présente déjà une hampe et une parabole. L’ensemble sera limité en performances, mais assez pratiques pour l’enregistrement en billebaude sur le terrain. Coût du jouet : 24,9 €.

J’ai donc commencé par démonter le jouet pour en extraire les composants inutiles. Comme vous pouvez le voir, le circuit électrique et le montage du jouet sont pour le moins rudimentaires ! Je ne l’ai pas testé avant bricolage, mais inutile de conserver cette électronique.

Sur le jouet, la capsule mono est orientée face à la prise de son. Cependant, les paraboles audio ont un point focale (comme en optique) permettant de récupérer facilement les ondes sonores amplifiés. Le principe physique est très bien résumé sur ce billet de blog. Comme je ne suis pas un expert en physique acoustique, j’ai donc testé différentes positions des capsules stéréo omnidirectionnelles avant de trouver une « bonne position ».

Coût de la fabrication et limites du modèle

Parabole DIY avec enregistreur et casque audio

Le prix total de l’opération me revient ainsi à 96,59 €. Chez l’excellente boutique en ligne JAMA, une parabole vaut dans les 629-689 euros. Bien sûr, elles sont plus performantes, car disposant d’un diamètre de 50 cm avec fréquence critique de 300 Hz ! Car le petit diamètre de ma parabole, à peine 20 cm, me donne une fréquence critique autour de 800 Hz. En-dessous, les sons ne sont alors pas amplifiés par ma parabole. Ce qui est correct pour le chant des passereaux en général. Mais attention ! Avec ce modèle, on ne peut pas amplifier de Hiboux moyen-ducs par exemple, ni de Butor étoilé. Ma parabole est donc un modèle facile à transporter et relativement généraliste, mais tout de même limitée.

Une bonne bibliothèque en bioacoustique ?

Différents ouvrages sont désormais disponibles pour la bioacoustique ornithologique. Je recommande les trois livres brochés parus chez Delachaux et Niestlé.

  • Les Oiseaux par le son – Stanislas Wroza
  • Identifier les Oiseaux migrateurs par le son – Stanislas Wroza
  • La migration nocturne par le son – Stanislas Wroza et Julien Rochefort

Liste des threads bioacoustique publiés sur twitter :

Ce cahier technique est d’abord publié sous forme de threads sur twitter. Vous pouvez retrouver l’ensemble de ces discussions de bioacoustique ci-dessous.

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